3ème édition du e-congrès national sur les addictions pour les professionnels de santé

Les 27 et 28 mars dernier s'est tenue la 3ème édition du e-congrès autour des addictions (E-ADD 2019) organisée par l’association SOS Addictions.

Parmi les professionnels de santé, les médecins Anne Borgne, Marion Adler, Philippe Castera et Philippe Presles se sont réunis autour d’une table pour discuter du sevrage tabagique et ont répondu à toutes les questions retransmises par Alain Ducardonnet, médecin et journaliste au service de l’association SOS Addictions.

Marion Adler, médecin et tabacologue : 

"Le rôle de la vape est important. Il faut en parler aussi, dans la prise en charge et l'aide au sevrage tabagique. Les patients arrivent à arrêter de fumer plus facilement ainsi."

"Vous avez souffert la première fois par un arrêt du tabac sans rien. Vous avez  aussi le droit d'avoir vos béquilles et elles doivent être à votre taille. A ce moment là, vous allez voir, c'est que du bonheur. Parce que l'on respire mieux, parce qu'on garde son argent pour soi, rapidement on a plus peur des traitements."

"La cigarette à combustion est telle un feu de cheminée. Notre corps n'est pas fait pour inhaler la fumée d'un feu de cheminée. C'est ce qui encrasse le cœur et les poumons."

Philippe Presles, médecin généraliste : 

"La nicotine est l'amie du fumeur et n'entraîne pas de danger de cancer ou d’infarctus. Les dangers de la nicotine c'est que la plupart ne l'utilisent pas à dose suffisante, ce qui présente un risque de rechute. Sans s'inquiéter, il faut prendre la dose nécessaire pour se débarrasser du tabac." 

"Le plus important lors d'un sevrage tabagique est d'éviter le sous-dosage en nicotine." 

"Cela vaut le coup pour un médecin généraliste d'aller visiter les boutiques (de vape) autour de son cabinet pour pouvoir y envoyer des patients. Ce sont de véritables co-thérapeutes." 

Philippe Castera, médecin et addictologue :

"Beaucoup sont sous-dosés en nicotine de peur d'avoir des effets secondaires. Grâce à la cigarette électronique, les patients commencent à savoir que c'est la combustion du tabac qui est dangereuse."

Anne Borgne, médecin généraliste : 

"En comparant les substituts nicotiniques à la vape, on observe un doublement des taux de réussite avec la vape : 8 % d'abstinence à partir  d'1 an pour les substituts nicotiniques et 18 % pour les vapoteurs." 

"La vape est un produit d'usage courant qui doit le rester." 

Les sujets abordés :

On peut tout d’abord souligner que l’image du tabac a considérablement changé ces dernières années. Ce fut pour beaucoup le temps d’une prise de conscience sur les dangers du tabac à combustion vis-à-vis de tous.

Face à ces nouvelles considérations, de nombreuses stratégies se sont développées pour arrêter de fumer, toutes très différentes les unes des autres. Elles découlent d’un besoin d’adaptation aux différents profils de fumeurs existants. En effet, chaque fumeur arrête de fumer à sa  manière, selon ses préférences et ses besoins personnels.

Selon les derniers chiffres, 1,6 million de fumeurs en moins ont été recensés en moins de 2 ans, grâce à deux formes différentes de sevrage :

  • La méthode classique : par les substituts nicotiniques (maintenant remboursés par l’assurance maladie et les mutuelles santé)
  • La vape : un outil plus que stratégique pour arrêter de fumer avec plaisir, comme l’ont développé les professionnels de santé lors de cette conférence

Bien que le bruit médiatique sur la vape (e-cigarette) s'exprime majoritairement autour d'annonces effrayantes, telles que l'explosion des cigarettes électroniques ou autres risques sur la santé, nombre d’études démontrent par de réelles preuves scientifiques que la vape est un formidable outil de réduction des risques pour les fumeurs.

Comme le souligne la tabacologue Marion Adler, le rôle de la vape est important dans la prise en charge et l’aide au sevrage tabagique. C’est une solution moderne et facile pour arrêter de fumer. 

Philippe Presles rappelle que la nicotine est l’amie du fumeur et ne présente aucun danger de cancer ou d’infarctus. Malheureusement, beaucoup échouent dans leur sevrage parce qu'ils ont peur des effets de la nicotine et sont sous dosés. Il faut donc que le fumeur soit informé et consomme la dose de nicotine dont il a besoin. Un bon dosage favorise l'arrêt de la cigarette à combustion, qui, elle, représente un réel danger.

Pour illustrer le danger de la combustion du tabac sur la santé, Marion Adler utilise un exemple simple : comparer la cigarette à la combustion à un feu de cheminée. Notre corps n’est tout simplement pas habitué et fait pour inhaler la fumée d’un feu de cheminée, qui encrasse les poumons et le cœur des fumeurs.  La cigarette électronique permet ainsi de procurer du plaisir et le soulagement de ne pas souffrir du manque de nicotine en évitant ce qui est mauvais : la fumée.

Anne Borgne estime que la vaporette est devenue un produit d’usage courant et doit le rester. Les vapoteurs ne se reconnaissent ainsi plus comme des patients, mais comme d'anciens usagers du tabac qui ont réussi à s'en sortir par eux-mêmes.

Rien d’intrusif, ni de mercantile, l’assistance des professionnels en magasins de cigarette électronique est reconnue comme nécessaire. Elle représente une aide qui augmente considérablement les chances d’arrêt complet du tabac. 

Philippe Presles précise qu'il faut s’adapter au cas de chacun. Un fumeur a aussi le droit d’avoir ses béquilles, comme tout autre patient, et elles doivent être à sa taille, pour qu’il puisse mieux respirer, faire des économies et ne plus avoir peur des traitements. Chacun peut ainsi être aidé à ce que cette étape ne soit pas vécue comme douloureuse, mais dans le plaisir, sans souffrance liée au manque.

En comparant les substituts nicotiniques à la vape, on observe un doublement des taux de réussite sur l’année 2018 grâce à la vape : 8 % d’abstinence avec les substituts nicotiniques contre 18 % avec la cigarette électronique. Un record significatif !

Les différents modèles d’e-cigarette sont à adapter aux différents profils d’usagers du tabac. Par exemple, les fumeurs qui ont seulement besoin de fumer quelques cigarettes de temps en temps auront besoin d'une vapoteuse simple d’utilisation et automatique. A l’inverse, le fumeur régulier aura besoin d’une cigarette électronique puissante dotée de différents réglages pour mieux satisfaire ses besoins personnels. Le plus important reste d’éviter le sous-dosage et pour le connaitre, le fumeur a besoin d’un conseil personnalisé qu'il peut trouver en magasin (tel que dans nos boutiques de cigarette électronique à Paris).

En conclusion de ce 3ème e-Congrès sur les addictions, les professionnels de santé sont unanimes : il est nécessaire de re-situer la vape par rapport à la cigarette dite à combustion, d'adapter son dosage en nicotine si nécessaire et de prendre conseil auprès de conseillers spécialisés en magasin de cigarette électronique.

Enfin, CZen remercie ces experts de l'addiction de témoigner de l'efficacité de la cigarette électronique, ainsi que des actions menées par les professionnels de la vape, alors qu'elles ont été récemment totalement dédaignées par notre Ministre de la Santé...